Si proche, si loin – L’entourage d’Israël

Isabelle Landry expose une nouvelle et remarquable série photographique, Israel’s Entourage, à la galerie Lilian Rodriguez .

Israël, c’est le prénom de l’ami qui lui a permis de d’entrer dans la maison d’une famille hassidique du quartier d’Outremont, à Montréal. Un prénom chargé de sens. Qui évoque à la fois une culture, une terre, une idée et une actualité quasi-permanente…  Dans l’inconscient collectif des Montréalais – comme dans celui de la plupart des gentils du monde entier – les hassidim, ce  sont des autres absolus, des irréductibles, des incompréhensibles, des dérangeants, des différents. Proches et infiniment lointains, parties du paysage familier de la rue et inaccessibles.

Pourtant, Isabelle Landry a pu pousser la porte d’un foyer, simplement, avec beaucoup de sensibilité et sans aucun voyeurisme. Qu’y découvre-t-on? Des personnes et des lieux. De la lumière surtout et un intérieur dépouillé, presque accessoire, qui met en valeur les vivants.

Avec sa perfection formelle, son éclairage et sa composition à la Vermeer, le portrait de Chaavi (Ill. 1) a déjà emporté l’admiration du public. Dans d’autres images plus intimistes, on retrouve davantage de détails d’humanité, donc d’imperfection. Rideau de fortune, mobilier craquelé et bon marché, finitions à la dérive (l’essentiel est ailleurs…), petit jouet en plastique qui traîne, paire de chaussures de sport Made in USA toute neuve (Ill. ci-après)… Métaphysique? Of course, considérant une communauté dont la vie est, en elle-même, une « time capsule ».

Fondateur historique du mouvement hassidique au 18ème siècle, le Baal Chem Tov (le « Maître du Bon Nom ») était un drôle de personnage, ennemi des conventions, toujours habillé en paysan du Danube.  Un agitateur de conscience, un empêcheur de tourner en rond, qui pensait que Dieu était en toute chose, bonne ou mauvaise, qui mettait au-dessus de l’apprentissage des écritures et de la prière la générosité, la bienveillance et la « relation amicale avec les pêcheurs ». Pas si mal comme programme! On retrouve une part de cet enseignement dans les photos d’Isabelle Landry, qui nous racontent un monde familier,  proche et lointain, très haut et très bas…

Élève de Marisa Portolese et Geneviève Cadieux, Isabelle Landry débute décidément une carrière prometteuse. Sa maîtrise ne laisse pas d’impressionner, après une première série déjà remarquée, consacrée à la Petite Italie (Ill. ci-dessus, La nonna Enza).

… « Souviens-toi de ton futur! » (Rabbi Nahman de Braslav).

Isabelle Landry, Israel’s Entourage à la galerie Lilian Rodriguez jusqu’au 22 décembre 2012.

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2 commentaires pour Si proche, si loin – L’entourage d’Israël

  1. Jolle Ganguillet dit :

    Tu es trs inspir, j’espre que la photographe te lira. J’aime beaucoup la premire photo, c’est vrai que la composition de la photo voque Vermeer. Trs beau et dpouill.

  2. Audrey dit :

    Bonjour,
    Je vous prie de m’excuser. Je n’ai malheureusement pas trouvé comment vous contacter autrement que par commentaire.
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