Blain, Jodoin, Beauséjour : trois tableaux à vendre pour une bonne cause!

Bientôt, Regarde Montréal va vous en proposer beaucoup plus : plus de vidéos, plus de reportages, plus de critiques, tout en maintenant ce qui fait notre succès : pas de compromission et un langage clair, attrayant et intelligible, pour mieux comprendre et aimer l’art contemporain à Montréal! Pour financer en partie notre développement, nous  offrons à nos lecteurs la possibilité d’acheter une, deux ou trois très belles oeuvres.

Contactez-nous si vous voulez profiter de l’occasion!

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Numéro 1 : Dominique Blain, Duty Free. Sérigraphie sur sac de papier, 40 x 48,5 cm, édition de 50. Prix : 850 $. L’oeuvre est conservée dans un cadre vitré qui permet de voir les deux faces.

Sans conteste l’artiste conceptuelle la plus connue au Canada, Dominique Blain dénonce les injustices, le capitalisme, la domination, la guerre et le racisme, sans hyperbole ni agressivité inutile mais avec une incroyable finesse, son travail n’abandonnant jamais l’esthétique au profit du discours politique. Dans Duty Free, Blain détourne un sac en papier qui s’apparente à ceux qu’on utilise dans les boutiques. Au lieu d’un logo de magasin, les sacs sont ornés sur deux faces de photos de femmes du Tiers-Monde.

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Numéro 2 : Mathieu Beauséjour – L’oeuvre que nous vendons est le tirage noir de cette série (voir plus bas), superbe : The Devil’s Face, 1999, techniques mixtes – 48,25 X 64,75 cm, édition 7 de 20. (Mise à jour 05/05 : oeuvre vendue)

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Artiste résistant et résiliant représenté par la Galerie Antoine Ertaskiran, le montréalais Mathieu Beauséjour est actuellement dans toute la force de sa maturité artistique. Dans The Devil’s Face, Mathieu Beauséjour se réfère à un scandale survenu en 1956 : les autorités canadiennes avaient été contraintes de retirer de la circulation un billet de 20 $ sur lequel le graveur avait inséré subrepticement une figure de diable (dans les cheveux de la reine)!

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Numéro 3 : Sophie Jodoin, Nu, pastel et fusain sur toile de jute. 40,5 X 47 cm. La photo est moyenne, nous n’avons pas voulu sortir l’oeuvre originale de son encadrement, ça brille… Mais elle est impeccable et inspirante! (Mise à jour 28/04 : oeuvre vendue)

Actuellement exposée à la Galerie Battat, Sophie Jodoin fait partie des meilleures peintres et dessinatrices de sa génération. Son travail a été présenté au Canada, aux États-Unis et en Europe, dans des musées, des centres d’artistes, des galeries publiques et privées, ainsi que dans le cadre de foires internationales. Elle a collaboré avec plusieurs écrivains, poètes et dramaturges de renommée internationale dont Wajdi Mouawad, Michael Ondaatje et Christian Lapointe. Elle a obtenu en 2014 la bourse de résidence à Londres du Conseil des arts et lettres du Québec.

Voilà! Loin de nous l’idée de faire concurrence à Papier 15 (ou à Art contemporain pour tous puisque, à la suite d’une belle chicane nous avons droit cette année à deux événements au lieu d’un; nous y reviendrons) – mais si vous êtes intéressé à soutenir une bonne oeuvre, achetez nos oeuvres!

Contact : regardemontreal@gmail.com

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FIFA 2015 : les films à voir et à retenir

Dix films étaient inscrits cette année dans la rubrique « Art contemporain » du 33e Festival international du film sur l’art. D’autres, en lien tout aussi étroit avec l’art actuel, se sont retrouvés plutôt dans les rubriques Peinture, Art et politique, Photographie, Histoire de l’art et Art public. Une petite année pour les arts visuels au FIFA? Oui, si on considère la sélection et le palmarès officiel. Il y a des années avec et des années sans. Toutefois, nous vous proposons un palmarès maison en vous encourageant vivement à voir certains de ces films  – la plupart, disponibles en DVD – et à en fuir d’autres…

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Top 4 : Viola, Bourgeois, Walker et Fabre

No 1, Bill Viola, expérience de l’infini, par Jean-Paul Fargier (France, 2013).

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En deux décennies, Viola est devenu un des vidéastes les plus appréciés au monde. Des documentaires ont déjà été faits sur lui, mais celui de Fargier est pour nous un des meilleurs.

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Intellect et émotion, métaphysique et spiritualité. Contrairement à Bruce Nauman ou Damien Hirst par exemple, Viola ne s’inscrit ni dans une démarche conceptuelle ni dans une approche clinique des corps. Dans ses projets d’envergure The Passing, The Crossing, The Dreamers, comme dans ses oeuvres plus réduite et intimistes ou inspirées des peintres de la Renaissance, partout l’on retrouve la puissance d’un projet en connexion avec la condition humaine, dans sa fragilité et son mystère.

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Ill. Triptyque de Nantes, 1992.

Catastrophe imminente, engloutissement dans l’eau ou dans les flammes. « Aller chercher la mort de près », tout en exprimant l’intuition que celle-ci n’est pas si grave et qu’elle n’est pas une fin, pas plus que la naissance est un commencement.  Les paysages que nous traversons, l’eau, le corps. Dans la technique, l’importance du son, de la haute résolution et de l’utilisation du ralenti.

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The Dreamers, 2013. Sept dormeurs plongés dans l’eau, hommes, femmes, enfant, ils sont sereins ; Pour Viola, ils symbolisent l’immortalité. Et sont l’écho, magnifié, de son traumatisme fondateur : à l’âge de six ans, s’être presque noyé et vivre une near death experience, de laquelle il il garde un souvenir pas si désagréable, au fond tout était en suspens, calme et paisible…

No 2, Tracy Emin on Louise Bourgeois: Women without Secrets, par Ben Harding (Royaume-Uni, 2013).

Amie et collaboratrice de Bourgeois, Tracy Emin témoigne et dresse un portrait plein d’humour, de pudeur et de considération.

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« J’ai payé ma dette au passé. Je suis libérée ».

Louise Bourgeois était en révolte permanente. Dans le courant de sa vie, non seulement l’âge n’a pas atténué l’ampleur de cette révolte mais elle l’a même affinée et décuplée. Blessures personnelles et révolte étant intimement liées. Contre son milieu, contre l’histoire, contre les hommes, contre ses deux pays, les États-Unis et la France.

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Poids, 1993. Give and take et la série des Night Drawings. I am Afraid, véritable auto-épitaphe de l’artiste et Janus fleuri, étrange organe taillé et moulé dans le bronze, féminin-masculin, délice pour les psychanalystes, sûrement. La célèbre araignée protégeant ses oeufs…

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No 3, Kara Walker: A Sutelty, or the Marvelous Sugar Baby, par Ian Forster (États-Unis, 2014). Un court-métrage modeste mais clair et bien concentré sur son sujet. Artiste engagée de la cause noire, Kara Walker investit une ancienne usine de mélasse sur les rives de Brooklyn, Fort, énergique, appétissant!

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No 4, Jan Fabre, au-delà de l’artiste, par Giulio Boato (France, 2014). Docu de grande qualité sur un belge fou, autodidacte dévoreur de vie, roublard et magnifique touche-à-tout, familier de Warhol, John Cage, David Bowie, Brassens et Chantal Ackermann. On voit peu de sa production plastique, polyvalente et foutraque (dessins au Bic bleu, peintures avec sang, larmes et sperme, photos avec Mappelthorpe, hommages à Mesrine et performances avec Marina Abramovic), car le film est davantage centré sur ses chorégraphies-scandales, dénoncées avant d’être acclamées depuis dix ans au Festival d’Avignon.

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On découvre, à l’entrée du repère-studio-atelier d’artiste qu’il a créé à grand frais dans le quartier de son enfance, à Anvers, une devise : Only Art can Break your Heart – Only Kitch can Make you Rich. Une devise, il faut le reconnaître, parfois appliquée sans aucun second degré chez certains tenants de l’art contemporain (voir Mark Quinn, plus bas)…

À voir en second lieu, Wil Mathijs et Ai Wei Wei. Folie des grandeurs.

Utiliser des morceaux de corps humains pour réaliser des oeuvres est peut-être une des rares avenues qui n’avait pas encore été explorée par l’art contemporain. Cette lacune est désormais comblée par le plasticien belge Wil Mathis. loin d’une démarche de pacotille l’homme semble sincère et il veut, si c’est possible, que son cadavre soit exposé dans une vitrine.

Cells, par Wil Mathijs (Belgique, 2013)

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Ai Weiwei, Evidence, par Irene Höffer (Allemagne, 2014)

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En une décennie, « maître Ai » s’est imposé comme l’artiste contemporain chinois le plus connu au monde. Grande gueule, contestataire, incarcéré puis tenu en respect par les autorités de son pays qu’il lui est interdit de quitter.

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Le film se concentre sur la préparation de l’exposition Evidence qui s’est tenue au Martin-Gropius-Bau de Berlin.

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Disons-le : pas désagréable à voir, le film nous a pourtant laissé à moitié sur notre faim, en hésitant entre un portrait de l’artiste et une narration de l’exposition. L’un ou l’autre auraient pu être traité plus en profondeur. Pour un portrait plus complet d’Ai Weiwei, on préférera le documentaire Ai Weiwei Without Fear or Favor de la BBC (2011).

Nouveau Rodin ou nouvel imposteur?

En filigrane de ce film, nous avons pensé à la sanctification médiatique des artistes. Certains reprochent à maître Ai d’être un peu trop malin, un peu trop chinois avec le sens du commerce. Fils d’un grand artiste officiel du régime, Ai Weiwei connaît parfaitement les codes occidentaux, notamment ceux qui conduisent au succès international aujourd’hui – transgression, récupération, dérision, monumentalité.

La transition est toute trouvée avec Mark Quinn, Making Waves, par Gerald Fox (Royaume-Uni, 2014) – et plus généralement avec la section films bof ou beurk.

Mark Quinn fait des vagues? Ou du vent? Réponse dans ce film complaisant, sur un des artistes les plus infects de la génération des YBA (Young British Artists), pourtant féconde en imposteurs de toute sorte. Douche bag de l’art contemporain au crâne soigneusement rasé et en T-shirts griffés, Quinn déambule de Miami à Pékin, de Madrid à New York et Londres. De cocktails people en vernissages VIP, rien ne nous est épargné de ses rencontres avec Elton John, Lionel Ritchie, Donatella Versace, la reine d’Angleterre et bien d’autres. En Chine, il rencontre naturellement Ai Wei Wei pendant un quart d’heure , échange avec lui des propos inspirés sur l’art et quelques selfies. Sur une plage, il ramasse des coquillages (lien avec sa prochaine expo) et nous assène des phrases du genre « Sea is the beginning and the end » ou encore, « Shells are the archaeology of Form »… Un film à voir pour rire, si on veut.

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Piero Manzoni, Artist, par Andrea Bettinetti (Italie, 2013). L’infortuné Manzoni est mort à l’âge de 29 ans et comme bien souvent en pareil cas, il est difficile d’extrapoler sur ce que son oeuvre aurait pu gagner en étendue et en profondeur. Il restera célèbre, dans les hagiographies de l’art avancé, comme le metteur en boîte de conserve de Merde d’artiste et un précurseur de l’art conceptuel.

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Entre le géant Duchamp et les centaines de successeurs qui ont vu le jour, depuis les années 60 jusqu’à aujourd’hui, la trace de Manzoni paraît au fond assez pâle. Film à voir si on a le temps, à titre d’information…

FIFA – Festival International du Film sur l’Art, 33e édition, du 19 au 29 mars 2015.

MIFA – Marché International du Film sur l’Art, 5e édition, du 25 au 28 mars 2015.

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Relève : Gabrielle Lajoie-Bergeron

De la peinture avant toute chose : à la Centrale galerie Powerhouse, une jeune artiste s’affirme.

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« Maîtrisée » en arts visuels et médiatiques en 2014, Gabrielle Lajoie-Bergeron n’est pas pour autant un lapereau de l’année. Son travail a déjà été présenté dans plusieurs villes du Québec et d’Europe. Et elle a assuré le commissariat de deux expositions l’année dernière : Insubordonnées et Paysage actuel – Wilderness Explorations (co-organisation avec Paul Brunet).

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Elle a aussi présenté son travail à la Galerie B-312, à la Galerie Lilian Rodriguez, à la Galerie Art Mûr, au Centre Presse-Papier, à la Galerie Yellow Fish Art et au centre Les Territoires.

Influence de Virginie Despentes et Martine Delvaux. La poupée et la catin. Même si son discours féministe peut apparaître somme toute comme convenu et quelque peu formatté on ne peut lui enlever sa sincérité. Et elle a vraiment tout le temps pour approfondir un propos plus… personnel.

Le propos pour nous est secondaire car ce qui nous emporte c’est la forme, la texture et l’inventivité de sa peinture. Ses clins d’oeil aux références de l’art moderne et contemporain. Son sens très sûr de la couleur aussi, qualité rare par les temps qui courent… Bref, une artiste à suivre et à aller voir absolument, boulevard Saint-Laurent!

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L’artiste en pleine explication lors du vernissage de l’exposition.

Gabrielle Lajoie-Bergeron, Love Me, Love my Doll, à la Centrale galerie Powerhouse, jusqu’au 10 avril 2015.

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Art souterrain (suite)

Grand nom du milieu de la photo à Montréal, Raymond Cantin est le commissaire invité de l’édition 2015 d’Art souterrain.

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Écoutez notre entrevue avec Raymond Cantin, commissaire invité d’Art souterrain.

Au côté de Frédéric Loury, fondateur et commissaire principal et de Karmit Blumensohn, commissaire invitée de la délégation israélienne, il apporte un regard et une sélection d’artistes photographiques très convaincante : Clement Valla, Leda Montereali, Frank Gross, Martin Girard, Mari Bastachevski, Guillermo Trejo.

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Clement Valla, Postcarts from Google Earth, 2014, au Complexe Guy-Favreau.

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Marie Bastachevski, It’s Nothing Personal, 2014, au Centre CDP Capital. 

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Série de Guillermo Trejo « Ce n’est pas de l’art, c’est une protestation » au Centre de commerce de Montréal, en mémoire aux étudiants disparus de Guerrero (Mexique).

On peut vraiment se faire plaisir, jusqu’au 15 mars, avec cette 7e édition d’Art souterrain, une des meilleures cuvées selon nous!

Art souterrain, festival d’art contemporain, 7e édition, à Montréal jusqu’au 15 mars 2015.

 

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Art souterrain 2015 : l’art contemporain israélien à l’honneur

Même si ça n’est pas un débarquement en force, les trois artistes de la délégation israélienne ont déjà fait l’objet d’un buzz mérité à Montréal, au milieu des autres oeuvres en provenance du monde entier comme du Canada.

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Carmit Blumensohn, commissaire invitée et Frédéric Loury, fondateur d’Art souterrain.

Commissaire résidente à la 10 Gallery de Rehovot, co-organisatrice d’un festival d’art sur l’espace public à Tel-Aviv, Carmit Blumensohn a choisi de faire connaître les oeuvres représentatives de trois artistes de la relève israélienne : Merav Svirsky, Maya Landman et Inbal Hofman. Pour elle, le thème retenu était difficile au premier abord. « La sécurité dans notre société : qu’advient-t-il de nos espaces de liberté? », peut en effet prêter aux dérives comme aux lieux communs.

Écoutez notre entrevue avec Carmit Blumensohn, commissaire de la délégation israélienne à Art souterrain 2015.

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 Merav Svirsky, Bubble Wrap – installation, 2015.

Dans l’environnement familier, ouvert et vulnérable d’un café, Merav Svirsky opère une tentative de protection dans le cadre de son projet Bubble Wrap (qui lui a fait emballer un grand nombre de choses en Israël, des objets les plus familiers jusqu’au toit d’une maison). Le papier bulle agit comme un gilet pare-balle pour les objets. Mais cette protection n’est-elle pas dérisoire et même, contre-productive? Comme le fait remarquer l’artiste, les bulles, écrasées, éclatent comme des coups de feu…

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Non loin de là, sa vidéo Common Swift Birds raconte avec beaucoup de sensibilité une histoire aussi vieille que le monde. Incarnation de la liberté, des oiseaux agiles dessinent leur parcours dans le ciel. Après une immersion attentive, on s’aperçoit cependant que les oiseaux semblent suivre une ligne imposée, prédéterminée…

Écoutez notre entrevue avec Merav Svirsky, artiste.

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 Merav Svirsky, Common Swift Birds – vidéo.

Maya Landman, avec des airs juvéniles à peine sortie de l’école, a déjà fait son armée. Et elle nous propose avec The Pack une installation à double-fond, d’une étonnante gravité. Ce qui, à distance, apparaît comme une douce harmonie lumineuse, devient de plus près une meute de loups féroces, soigneusement connectée en réseau.

Écoutez, « brute de décoffrage », notre entrevue avec Maya Landman.

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Maya Landman devant son oeuvre ThePack, 2015.

Last but not least, Inbal Hofman, qui a le privilège d’exposer à la fois dans l’espace public avec ses collègues (Ils sont partout / They’re everywhere, 2014) mais aussi, à la galerie Joyce Yahouda, avec la vidéo Incubator (2013).

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Ils sont partout / They’re everywhere, installation, 2014.

Au programme : germination et champignonnage. La progression et multiplication souterraine des champignons, l’essor des germes qui deviennent pousses puis meurent faute d’espace nous racontent la force de la vie et la fatalité des destins sociaux.

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Inbal Hofman, Incubator, vidéo, 2013.

Au total, très belle vitalité de ces artistes qui oeuvrent dans un environnement sensiblement plus dur que le nôtre…

À bientôt pour d’autres nouvelles d’Art souterrain 2015!

Art souterrain, festival d’art contemporain, 7e édition, à Montréal jusqu’au 15 mars 2015.

Les installations de la délégation d’Israël sont situées dans l’espace du Centre de commerce mondial ainsi qu’à la galerie Joyce Yahouda au Belgo.

 

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Plus que 24 heures pour « faire une affaire » en art contemporain

Jusqu’au 28 février, la galerie Art Mûr offre aux collectionneurs et aux amateurs la chance d’acheter des « grands noms » de l’art contemporain à des prix réduits, dans le cadre de son exposition « 2015 – La Revente ». Son secret? L’ouverture au second marché.

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Le second marché de l’art à Montréal est souvent assez confidentiel. La grande majorité des galeries organise des expositions de « premier marché », où le prix d’une œuvre vendue pour la première fois vient rémunérer l’artiste. Mais qu’advient-il des œuvres qui sont revendues par leur propriétaire? Où peut-on retrouver les œuvres crées hier – et avant hier, dans les années 60, 70, 80, 90? Dans les fonds de certaines galeries, parfois. Ou aux enchères ou encore, auprès de particuliers qu’il faut connaître. Le prix est alors fonction de plusieurs critères – dont la « cote » de l’artiste, contrairement à ce que l’on pourrait croire, n’en est qu’un parmi d’autres. Dès lors, les amoureux d’art contemporain peuvent  acheter moyennant un budget raisonnable.

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Figuratif, abstrait, conceptuel, peintures, dessins, multiples, photos…  Rhéal Olivier Lanthier & François St-Jacques, codirecteurs de la galerie Art Mûr accueillent avec générosité un grand nombre d’écoles, de tendances et de noms, pourvu que les noms soient bons. Dans leurs propres mots, leur opération La Revente, qui a lieu tous les deux ans seulement, « permet de dynamiser le marché secondaire québécois en offrant une plateforme d’échange unique. Certains collectionneurs rafraîchissent ainsi leur collection, alors que d’autres la comblent d’oeuvres difficilement accessibles. »

À cet égard le casting est impressionnant! Faut-il citer tous les artistes proposés, comme au générique? Oui car ils rendent compte de la place grandissante de Montréal comme lieu de création et de diffusion en art : Pierre Ayot, Léon Bellefleur, André Bergeron, Carol Bernier, Valérie Blass, Louis Pierre Bougie, Paul Bourgault, Sylvain Bouthillette, Ed Burtynsky, Alexander Calder, Colette, Stephen Conroy, Lucienne Cornet, Luc Courchesne, Michel de Broin, Jean-Sébastien Denis, Jérome Fortin, Yves Gaucher, Alberto Giacometti, Raymonde Godin, Betty Goodwin, Peter Hoffer, Jacques Hurtubise.

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Et puis encore Sophie Jodoin, Louis Joncas, Brain Jungen, Anish Kapoor, Holger Kolberg, Joseph Kosuth, François Lacasse, Etienne Lafrance, Daniel Langevin, Lyne Lapointe, Fernand Leduc, Yann Leroux, Suzelle Levasseur, Antoine Lortie, John McEwan, Michael Merrill, Kent Monkman, François Morelli, Richard Morin, Julie Ouellet, Alain Paiement, Rober Racine, Marc Séguin, Diana Shearwood, Yoshio Shirakawa, Françoise Sullivan, Christian Tisari, Eve K. Tremblay, Henri Venne, Irène F. Whittome, Max Wyse, Gu Xiong, Jacob Yerex, Ewa Monika Zebrowski. Étonnant, non?

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Rhéal Olivier Lanthier & François St-Jacques, codirecteurs de la galerie Art Mûr.

Le très grand espace d’Art Mûr accueille également, jusqu’au 28 février, pas moins de trois belles expositions : Michelle Lundqvist  – ReticenceNeil Harrison – Fields et François Raymond : Paysage financier.

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Neil Harrison, Black Square 1967, 2014.

Du coup, notre conseil du jour : avant de se lancer dans le froid pour la Nuit Blanche à Montréal, et plonger dans la nouvelle édition d’Art Souterrain, pourquoi ne pas profiter de ce début de weekend pour visiter et qui sait, repartir avec une oeuvre sous le bras…

« 2015 – La Revente » à la galerie Art Mûr, 5826 rue Saint-Hubert, jusqu’au samedi 28 février 2015. Voir les heures d’ouverture.

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Biennale suite – ceux dont on se souviendra!

Dans un précédent article nous avons évoqué le déferlement des écrans et la tonalité généralement noire qui ont marqué la Biennale de Montréal. Cela ne doit pas pour autant masquer la participation d’artistes exceptionnels! Partiale, forcément partiale, voici notre sélection best of – meilleur de…

Plonger, créer

En descendant les escaliers du musée vers l’antre sombre de la salle de projection, découverte du projet Diving Through Europe de Klara Hobza, déployé de part et d’autre, sur les murs, en une série d’écrans bienveillants et intrigants. Qui racontent.

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Klara Hobza est allemande et elle a décidé d’effectuer des plongées sous-marines, systématiques, à travers l’Europe. Sa démarche nous confronte avec une double réalité : d’une part, la vivacité d’un art qui n’abandonne pas la force de l’engagement; d’autre part, l’énergie incroyable de Berlin comme place effervescente de l’art mondial, en ce moment.

Écoutez notre entrevue exclusive avec Klara Hobza (7 minutes).

Synchronicité : ce projet dérisoire et magnifique, sérieux et humoristique n’est pas sans nous rappeler le projet Bruits de fonds, de Magali Babin, exposé au MACM il y a deux ans (environnement sonore de captations sous-marines dans le fleuve Saint-Laurent, work in progress). Ou encore, Mary Lorenz qui a exposé en décembre dernier son projet Archipelago au Brooklyn Museum, NY, dans lequel il s’agit, aussi, de naviguer comme on crée. Déployer une grande énergie physique et créatrice pour finalement… se laisser porter par le courant. Et témoigner. Il n’y a que des femmes, pour faire un truc pareil. Non?

Quand le virtuel prend du volume

Simon Denny, lui aussi, rend témoignage, mais sa démarche est d’une étoffe toute différente. Ses installations, ambitieuses, s’inscrivent sans complexe dans l’Art actuel international : grandes, monumentales. Leur mégalomanie est à l’image des gourous et icônes économiques du 21e siècle, tout à la fois cool, politiques et largement factices.

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All You Need is Data: The DLD 2012 Conference REDUX Rerun, 2012, installation.

Le DLD Conference est un de ces rendez-vous, incontournables et assommants, pour tous les décideurs du monde qui voudraient voir si des fois, au fond, ils ne seraient pas les acteurs décisifs de ce début de 21e siècle (communications numériques, créativité, leadership, 3.0, dématérialisation, etc, etc).

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Bref : 90 épreuves au jet d’encre sur toile, métal et texte en vinyle. Nos écrans se multiplient, tout le monde nous dit comment mener une vie exceptionnelle et l’argent est devenu fou. La transposition dans l’espace de tout ce brouhaha virtuel qui nous enrichit et nous ouvre des horizons, tout en polluant les esprits et les coeurs car l’humain est paradoxal. Les précédentes oeuvres de Simon Denny s’intéressent aussi à Kim Dotcom (le fondateur fou du site Mega Upload), à la compagnie Samsung et la profession de foi de son fondateur dans la déclaration dite « de Francfort ». Ni un activiste ni un partisan, nous a-t-il dit. « Je suis un concepteur d’exposition (exhibition maker), et j’assure en quelque sorte le marketing de la culture de la science et du design ».

Nous vous encourageons à jeter un oeil sur la section Simon Denny du site de la Galerie Petzel (New York)…

Traces et paysages

Nous vous invitons du même souffle à aimer Oleg Tcherny à travers son oeuvre vidéo-augmentée La linea generale. Sur-référentielle, cette saturation un plaisir immédiat associé à celui de la lecture, les images se rapprochant de l’écriture poétique. Du grand art, vraiment.

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N’oublions pas les photos du brillantissime Palestinien Taysir Batniji et sa série Interface (2014), impressions au jet d’encre (image gratuite ci-après). D’une éclatante sobriété. Le sable de pays incertains, la convergence de l’humain et du désert. Pollution et beauté.

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Émancipation, Civil Rights et perspectives économiques

Vous l’avez lu dans l’épisode précédent : nous avons beaucoup aimé Edgar Arcenaux avec A Time to Break Silence, 2013, à la Parisian Laundry et  A Nobel Prize and a Bible au MACM, narration ambitieuse et sombre autour de la figure de Martin Luther King.

Mention spéciale pour le couple Richard Ibghy et Marilou Lemmens avec leur série The Prophets : de petites sculptures miniatures et fort bien faites ma foi hé hé, représentant des graphiques, courbes tendancielles, histogrammes, camemberts, ordonnées et abscisses qui nous disent tout sur les trends du monde. Figurer l’abstrait. Transcrire le fragilité et l’horreur du mirage de l’argent, de l’économie, du conformisme corporatif. Bravo, mille fois bravo!

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Et puis enfin, l’étrange Emmanuelle Leonard, qui s’installe dans nos esprits. Postcard from Bexhill-on-Sea et La Providence (2014), deux vidéos qui vous envoûtent, l’air de rien. Sensibilité, réflexivité. Mlle (ou Mme) Leonard serait-elle à l’art contemporain québécois ce que Bernard Émond est à son cinéma? Il y aurait des références plus infamantes. Nous aimons son parcours et le suivons. tels de petits chiens dociles.

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Ah oui! C’est vrai, le Musée des Beaux-Arts de Montréal était aussi associé à la Biennale. Noblesse oblige, nous avons eu droit à du lourd au Carré d’Art avec une oeuvre vidéo de Shirin Neshat, Illusions et miroirs. Très chic, très glamour, féministe mais dans une veine politiquement correcte internationale. Manants des arts visuels s’abstenir, ici on parle d’Art Contemporain.

Remember my name! BNMTL / Biennale de Montréal.

 

 

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