Pré-inauguration de la galerie Juno Youn dans le Mile-End. Son créateur est un jeune entrepreneur-artiste qui n’en n’est pas à son premier essai. Pour être un artiste-galeriste, il faut savoir jongler!
Mondialisation. Du haut de sa jeune quarantaine Juno Youn revient sur son impressionnant parcours, Corée, Toronto, Europe, Chine (où il a sillonné le pays à la recherche des artistes et des galeries qui montent). Et Montréal finalement, où il vit depuis deux ans. Il apprend encore le Français, c’est donc en Anglais que vous le verrez exprimer son enthousiasme pour sa ville d’accueil, qui est pour les arts visuels « world-class ».
Juno Youn inaugure sa galerie à Montréal – regardez la vidéo!
Pour sa première expo, « Paysages affectifs », Juno Youn a convié cinq jeunes photographes nord-américains de bon pedigree, Jonathan Castellino, Richelle Forsey, Dieter Janssen, Yuriko Kubota (ill. plus haut, On Earth Paris), Jonathan et Lori Nix. Un choix sûr, bien articulé avec la section « pop » de la galerie qui offre, quant à elle, des objets, reproductions et petites oeuvres à des prix très raisonnables (ill. plus bas, masque de banlieue).
Richelle Forsey nous a particulièrement touchés avec sa série Urban Remains. Bien sûr, la représentation de la déchéance urbaine occidentale est presque devenue un lieu commun de la création photographique mondiale. Elle traite néanmoins son sujet avec une admirable maîtrise et sait insuffler un regard sûr et investi dans ses perspectives. Certains de ses paysages comme After the rain inside the Canada Linseed Oil Mill (Ill. plus bas) offrent des instants remarquablement lumineux.
Fille du Kansas installée à Brooklyn, Lori Nix nous a fascinés avec les photographies de ses dioramas miniatures qui représentent des lieux urbains réinvestis par la nature, après un catastrophe à venir… Ses extraordinaires compositions déconstruites et reconstruites artificiellement avec une implacable minutie ne sont pas sans nous rappeler le programme fou de Thomas Demand, récemment exposé à DHC Art. Reconstituer ce qui n’a jamais été pour mieux imaginer ce qu’il adviendra, dans notre dimension ou dans une autre (Ill. plus bas, Church).
Inquiétude, poésie, paysages : voilà de premiers ingrédients prometteurs pour définir une galerie. Atmosphère de pré-inauguration (regardez la vidéo)
Avec discrétion, Juno Youn expose aussi quelques-unes de ses oeuvres. Même s’il a su se faire un nom en dessin et en peinture, influencé notamment par Tapies et Dali, il nous a expliqué combien il était difficile de mener de front un parcours d’artiste tout en gérant une galerie. Un vrai combat. Juno Youn parle de son art (vidéo).
Appétit, énergie, drive, naturel : Juno Youn est déjà pleinement de son quartier du Mile-End et semble vouloir apporter une petite musique nouvelle – très complémentaire – dans le paysage des arts visuels. Sa programmation à venir est prometteuse. Allez faire un tour chez lui, vous vous y sentirez bien! Et bienvenue à cette dernière-née montréalaise.
Galerie Juno Youn – 5226 boulevard Saint-Laurent. Paysages affectifs, du 31 mai au 23 juin 2013.






































